• Atelier "10 manières de dire c'est bien à vos élèves".

    Journées de l'innovation 2017 -

    - Présentation de l’atelier

    - Tour de table : qui est qui ? fonction ?

    => 26 personnes, un public varié : professeurs de collège, lycée, CPE , conseillère d’orientation, IEN, parent d’élève/auteur de blog (parent du 21è siècle), réalisatrice pour la France télévision, représentante du manifeste Heureux à l'école…

    - Comme Philippe Watrelot l’a signalé dans sa présentation du rapport du CNIRé, nous plaçons cet atelier sous le signe de la coopération, de la collaboration et de l’intelligence collective !

    Il est alors temps de réfléchir ensemble sur une première consigne « Comment dites-vous ou signifiez-vous à vos élèves que c’est bien ? » Une réponse par post-it et trois post-it distribués à chaque participant.

    Travail individuel –

    Puis chacun est venu poser au mur un post-it en le lisant au groupe.

    Au fur et à mesure du dépôt des post-it, des comparaisons, remarques émergent.

    Une fois que tout le monde a participé, émerge une discussion sur ce qui a été déposé. Comme on pouvait s’y attendre, plusieurs « notions/concepts/axes » sous jacents à cet atelier apparaissent : évaluation/auto-évaluation, différence oral/écrit, communication, place de l’affect, relation et bienveillance élève/enseignant, groupe/enseignant...

    En effet, le thème initial n’est que la surface de l’iceberg…La discussion collective laisse émerger beaucoup de choses et montre la complexité d’un sujet d’apparence « simpliste ».

    Il est alors proposé aux participants de se mettre en bi/trinômes et de réfléchir à la différence qu’ils font entre « encourager » et « complimenter ».

    Une mise en commun est faite.  Sur deux feuilles papier sont notées les points forts relevés par le groupe.

    Et on voit alors combien c’est complexe et parfois contradictoires dans les regards professionnels.

    Complimenter, c’est apporter une appréciative positive sur un fait, un travail accomplie, souvent sur la personne. Il y a généralement une part d’affect : je suis fier de toi, c’est bien,dire que le dessin est joli en maternelle, « tu es beau »,

    Mais celui-ci peut être enfermant, coller une étiquette, mettre une pression sur la prochaine fois…Et créer une dépendance : je travaille pour que la maîtresse me dise qu’elle est fière de moi (le smiley),...

    Le compliment ne s’appuie pas sur la motivation intrinsèque, peut créer une dépendance et peut donc être contreproductif.

    Par opposition, car cela s’oppose un peu, encourager, c’est s’attarder davantage sur le processus, l’action de l’élève, sur le fait de valoriser leurs efforts (dire « tu peux être fier des efforts que tu as produits » alors que « je suis fier de toi » relève du compliment !)

    Exemples :

    - j’aime le dessin que tu as fait car….

    - Remplacer le « tu es beau », « tu es gentil » par de la reconnaissance : « tu as travaillé en autonomie pendant le temps que je t’avais demandé, j’ai apprécié que tu n’interrompes pas mon travail… »

    Dans tous les cas, l’idée est d’axer davantage nos propos (oraux ou écrits !) sur plusieurs points de réflexions :

    - formuler des observations basées sur des faits et exposer ce que nous voyons sans jugement

    - Mettre des mots sur les sentiments en expliquant les choses

    ( « tu as poursuivi ton travail même quand c’était difficile », «  tu as l’air content d’avoir fait ça »)

    La discussion du groupe a montré combien il est difficile de penser la place et le rôle de l’affect dans tout ça.

    Je propose d’étayer cette réflexion par une mise en perspective au regard des connaissances en neurosciences affectives et sociales. Les neurosciences affectives et sociales (pas connues en France) concernent les émotions, les sentiments et les capacités relationnelles. M’appuyant sur les propos de Catherine Guéguen je propose plusieurs réflexions :

    - L’entourage de l’enfant, donc ses enseignants, a un impact très fort sur son développement intellectuel :

    * être empathique (comprendre et ressentir les émotions de l’enfant)

    * aider l’enfant à exprimer ses émotions (mettre des mots)

    Le stress fragilise, affaiblit la mémoire et perturbe l’apprentissage.

    Dire « tu es nul, tu es insupportable, arrête de pleurer, etc » à un enfant relève de la maltraitance verbable et a des conséquences importantes (diminiution du volume de l’hippocampe qui est au cœur de l’apprentissage !) mais dire aussi « tu es bon, tu es le meilleur… » posera problème.

    Importance d’une relation bienveillante, chaleureuse qui aide l’enfant à évoluer positivement en augmentant son sentiment de confiance…(secrétion d’ocytocyne).

    La compétitive, la comparaison, …génèrent du stress, et c’est délétère.

    Face à un élève qui montre un travail auquel il a manifestement échoué, plutôt que de dire « tu t’es trompé », on pourrait s’inscrire dans une démarche de communication non violente (CNV) et demander « j’ai un résultat différent du tien, tu peux m’expliquer comment tu as fait ? »).

    ð On procède alors au classement des post-it dans les catégories « encourager » ou « complimenter » et on discute !

    Puis l’atelier se finit sur des propositions de « manière de dire c’est bien à vos élèves ». 7 propositions sont faites :

    Atelier "10 manières de..."

     

    Nous profitons de l’expertise d’André Antibi arrivé en cours d’atelier. Il exprimera sa réflexion très intéressante sur le poids des mots et nous fera partager quelques anecdotes dans son parcours.

    Une synthèse finale sera faite autour des questions de bienveillance et de réflexions. La synthèse montre surtout qu’au-delà des propositions sur le papier ce qui a été intéressant c’est la réflexion sur le concept et la démarche qui va avec !

    En tant que formateur, ces ateliers sont toujours d’une grande richesse et d’un grand apport professionnel.

    Nous avons pu constater que la discussion du groupe a eu plusieurs incidences :

    - Elle a témoigné de l’intelligence professionnelle des personnes présentes, de leur volonté de s’interroger encore et toujours pour faire évoluer leurs pratiques professionnelles

    -Elle a témoigné de la volonté des enseignants de vouloir faire progresser leurs élèves.

    -Elle a bousculé des représentations professionnelles, voire peut-être des professionnalités.  

     

    Sources et réflexions :

    -François Muller article intitulé « D’une évaluation "DES" à une évaluation "POUR" », paru dans Animation & Education (n° 240, mai-juin 2014) 

    -Conférence(s) de Catherine Gueguen Peut-on repenser l'éducation à la lumière des recherches récentes en neurosciences affectives ? (Conférence) ici : 

    http://www.crdp-lyon.fr/podcast/conference-peut-on-repenser-l-education-a-la-lumiere-des-recherches-recentes-en-neurosciences-affectives-conference

    - Site « apprendre à éduquer »

    A voir suite à l’atelier :

    Le site parents du 21è siècle

    Atelier "10 manières de..."

    https://parents-du-21-eme-siecle.fr/

    Le manifeste heureux à l'école :

    Atelier "10 manières de..."

    http://www.lemanifesteheureuxalecole.fr/

    L'association Oze coaching, premier site ressources des familles et des parents bienveillants:

    Atelier "10 manières de..."

    http://www.oze-coaching.fr/


    votre commentaire
  • Faire une présentation multimédia en formation (2)

     

     Suite et deuxième partie ...

     

     Pourquoi ne pas choisir "powerpoint" ?

     

     - Parce que "powerpoint" a tendance à nous conduire dans une présentation linéaire, chronologique et "fermée". J'enchaine les diapos les unes après les autres...je suis dans un fonctionnement descendant, je ne suis pas à l'écoute des participants, des réactions, etc.

     

    - Parce que, comme on l'a dit dans la première partie, le risque (qui ne l'a pas "subi" un jour ?) c'est le formateur qui lit...c'est tellement rassurant, c'est "confort".

    - Parce que, parfois, les enseignants sont "blasés" et, craignant un mauvais vécu, ne rentrent pas dans la formation avec un à-priori positif...

    - Si je n'ai pas suivi les conseils donnés dans la 1ère partie, ...je peux courir à la catastrophe...J'ai vécu une fois le conférencier qui a enchainé 120 diapos en 1h45...insupportable !

     

     

     What else ?

     

     D'abord se poser la question : ai-je absolument besoin d'un support multimédia ?

    La plupart du temps, oui. Cela peut apporter une réelle plus-value.

    Mais cela dépend de ses objectifs de formation, du public, de la durée, etc.

    et surtout, à condition de bien choisir son outil et ses contenus.

     

     

     

    Oui mais...j'aime bien powerpoint... 

     

    On peut tout à fait conserver "powerpoint" mais à condition de profiter de toutes ses possibilités.

    Personnellement, j'utilise majoritairement powerpoint en y intégrant images, vidéos, et des liens hypertextes (parfois à peine visibles des participants) qui me permettent de ne plus avoir un déroulé linéaire mais une présentation à plusieurs étages, permettant de présenter des documents, ressources, points supplémentaires SI j'en ai besoin.

    Avec office mix, plugin gratuit complémentaire, on peut enregistrer ses commentaires et faire de son diaporama une vidéo qui peut être distribuée aux enseignants comme trace de la formation...

     

     

    Les autres solutions techniques 

     

    J'ai utilisé Prezi, très intéressant par sa modularité et les différents niveaux d'informations que l'on peut y intégrer, permettant de piocher sur ce dont on a besoin.

    Le site outils Tice propose d'autres alternatives techniques, notamment gratuites.

    à voir ici:

    https://outilstice.com/2016/01/9-alternatives-a-powerpoint-pour-vos-presentations/

     


    votre commentaire
  • es ice breakers, ou « briseurs de glace », en français, ont pour but de mettre rapidement à l’aise les participants d'une formation.

    Selon leur durée, ils permettent parfois aussi aux gens de se connaitre, de créer un premier lien de confiance qui pourra être utile dans une formation.

    Leur utilisation est à penser finement, notamment au regard du temps qu'ils peuvent prendre, des modalités de formation (objectifs, durée, etc).

    Quelques exemples:

    Le marshmallow challenge (testé avec succès plusieurs fois!!!)

    voir l'article ici sur le site !!

     

     

     

    • Le jeu de l’alphabet

     

    alphabet

     

    • Nbr de personnes : entre 10 et 20 personnes
    • Matériel nécessaire : Aucun
    • Temps nécessaire : 10 min
    • Déroulé : L’objectif est de faire réciter l’alphabet aux participants. Le formateur commence par la lettre A, puis une personne au hasard énoncera la lettre B,  etc. La difficulté est qu’aucune lettre ne doit être prononcée en même temps par 2 personnes.

     

    1. Commencer par faire un premier tour d’alphabet (qui se passe normalement sans trop de problèmes).
    2. Demander ensuite aux participants de fermer les yeux et refaire un tour : c’est à ce moment là que cela devient plus compliqué.
    3. Réaliser de la même manière 3 ou 4 tours.

     

    • Objectifs pédagogiques : Cet exercice permet rapidement de détendre l’atmosphère. Au delà de cela, il permet de débrieffer également sur la gestion d’un groupe, le comportement des différents individus et l’importance de l’écoute de l’autre.
    • Notre avis : Ce jeu remplit son objectif d’icebreaker, cependant il ne permet à différentes personnes qui ne se connaissent pas de se présenter. Il est donc idéal pour une deuxième journée de formation par exemple ou pour un groupe qui se connaît déjà. Son point fort : pas besoin de préparation et très rapide à réaliser.

     

     

     

    • La pelote de laine

     

    pelote de laine

     

    • Nbr de personnes : entre 5 et 20 personnes
    • Matériel nécessaire : 1 pelote de laine
    • Temps nécessaire : 10 – 15 min
    • Déroulé :

     

    1. Mettre les participants debout et en cercle.
    2. Donner la pelote de laine à un premier participant, ce dernier doit se présenter et envoyer la pelote de laine à une personne avec qui il a un lien tout en gardant l’extrémité du fil en main.
    3. La personne qui reçoit la balle décrit alors le lien qui les relie (même service de travail, , …) et se présente ensuite. Elle envoie ensuite la balle à une autre personne avec qui elle a un lien tout en prenant soin de garder le fil en main.
    4. Une fois que toutes les personnes ont été reliées, un « réseau » de laine apparaît visuellement et toutes les personnes se sont présentées.

     

    • Objectifs pédagogiques : Ce jeu permet de se présenter non seulement soi-même mais aussi de présenter les interconnexions entre les participants. Il est ludique pour les participants et permet aussi au formateur de bien comprendre les liens entre les différentes personnes.
    • Notre avis : Ce jeu marche seulement dans le cas de connexions déjà existantes entre les participants. Il se prête bien dans le cadre d’une formation intra-entreprise par exemple.

    Sources: http://blog.agilea.fr


    votre commentaire
  • Le conte au service d’une dynamique d’animation

    Hélène Canu, CPC

     L’utilisation d’une histoire ou d’un conte peut animer un groupe, créer non seulement une écoute mais aussi une dynamique.

     Son contenu sera choisi en fonction du public, du temps disponible et du but visé.

     La thématique abordée pourra être plus ou moins étroitement liée à la thématique (exemple : l’oral en cycle 2, le débat philosophique, la compréhension orale, …) 

     

     

    Exemple 1 : La patience (N Pinel)

     Un jeune lettré venait d'être reçu au concours de mandarin. Avant de rejoindre sa première affectation officielle, il organisa une fête avec ses condisciples pour célébrer l'événement. Au cours de la soirée, l'un de ses amis, qui était déjà en poste depuis quelque temps, lui donna ce conseil:

     - Surtout, n'oublie pas: la plus grande vertu du mandarin, c'est la patience.

     Le fonctionnaire novice salua respectueusement son aîné et le remercia chaleureusement pour cette précieuse recommandation. Un mois plus tard, au cours d'un banquet, le même ami lui préconisa encore de bien s'appliquer à la patience. Notre jeune lettré le remercia avec un sourire amusé. Le mois suivant, ils se croisèrent dans les couloirs feutrés d'un ministère. L'aîné attrapa la manche du cadet, le tira vers lui et lui souffla dans l'oreille son sempiternel conseil. L'autre, contrairement à l'étiquette ouatée qui était de rigueur dans les bâtiments officiels, retira brusquement sa manche de soie et s'écria:

    - Tu me prends pour un imbécile ou quoi ? Voilà trois fois que tu me répètes la même chose !

    Pendant qu'un cortège de dignitaires outrés se retournait, le mentor déclara:

     - Tu vois, j'ai bien raison de le répéter. Mon conseil n'est pas si facile à mettre en pratique !

    Un moment de colère, c'est brûler en un instant le bois amassé depuis longtemps.

     


    Exemple 2 : La mère des contes (H. Canu)

     Il était une fois, avant la première fois, un pays qui était le premier pays du monde.
    Dans ce pays, il y avait une forêt.
    Dans cette forêt, il y avait un chemin.
    Au bout de ce chemin, il y avait une maison.

    Dans cette maison, vivaient le premier homme et la première femme.
    Ils vivaient là, dans le silence de la nature, entourés d’arbres et d’animaux, les jours rythmés par la lumière du soleil et de la lune, bercés par le bruit du vent et de la pluie.

    Mais ce n’était pas la monotonie des jours qui rendaient le femme triste. Non ! C’était l’homme… Il avait le caractère brutal, aussi broussailleux qu’un buisson d’épines.
    Chaque matin, il quittait la maison, prenait sa hache pour abattre des arbres et le soir, quand il rentrait, il posait sa hache devant la maison, ouvrait et refermait la porte, prenait le gros bâton noueux placé dans l’angle du mur et frappait sa femme.

    Alors seulement, alors qu’il l’avait bien frappé, il reposait son bâton et déposait un baiser furtif sur le front de sa femme et grognait un bonsoir inaudible.
    Cela dura mille jours, cela dura mille nuits, cela dura mille roustes. Au mille et unième matin, la femme accompagna son homme sur le pas de la porte, le regarda partir sa hache sur l’épaule et sourit. Ce matin n’était pas un matin comme les autres. Ce matin-là, elle avait senti le nouvelle vie en elle. Elle attendait un enfant, un petit d’elle, un autre elle-même. Elle l’imaginait déjà, le berçant de ses douces mélopées.
    Puis, un nuage assombrit son visage. Cet enfant, ce bonheur à venir, il fallait qu’elle le protège… Comment lui  éviter les coups ? Elle y pensa toute la journée mais quand son homme rentrerait, elle savait ce qu’elle allait faire.

    Le soir, il revint, posa sa hache devant la porte, ouvrit et referma la porte, attrapa son bâton noueux, le leva sur sa femme… A ce moment-là, elle l’arrêta, lui dit de s’asseoir, qu’elle avait une histoire à lui raconter et qu’il aurait bien le temps de la battre après.

    Surpris, il s’assit. Sa femme ne savait pas ce qu’elle allait dire mais, dès qu’elle ouvrit la bouche, les mots coulèrent comme une source. L’histoire dura jusqu’à l’aube. Quand le soleil apparut, l’homme posa son bâton, repris sa hache et repartit.

    Lorsqu’il revint le soir, il posa sa hache devant la porte, ouvrit et referma la porte, attrapa son bâton noueux, le leva sur sa femme… A ce moment-là, elle l’arrêta, lui dit de s’asseoir, qu’elle avait une autre histoire à lui raconter et qu’il aurait bien le temps de la battre après. Subjugué, il resta là, le bâton en l’air… L’histoire dura jusqu’à l’aube. Quand le soleil apparut, l’homme posa son bâton, repris sa hache et repartit.

    Et il en fut ainsi tous les soirs durant neuf mois. Au bout du 9ème mois, la femme mit au monde un garçon. Lorsque l’enfant parut, l’homme apprit à l’aimer et à aimer sa femme.

    Au bout du 9ème mois, en même temps que l’enfant naquit, les contes apparurent.
    Cette femme, dont l’histoire a oublié le nom, nous ne devons pas l’oublier.
    Grâce à elle , les bâtons n’ont plus la parole et les histoires courent le monde.
     

     

     

    Exemple 3 : les contes du monde (H. Canu)

    Un jeune conteur, sûr de lui, ménage des pauses, connaît parfaitement ses histoires, sait placer un haussement de sourcil.

    Son auditoire est conquis, lui est satisfait.

    Un jour, il arrive dans un village, la salle est pleine. Il raconte deux histoire ; l’auditoire est conquis comme d’habitude.

    Un vieil homme se lève, demande à raconter une histoire.

    Le jeune conteur lui laisse la place, peiné pour ce vieil homme qui va montrer son ridicule mais satisfait pour lui qui a su montrer son talent.

    Le vieil homme vient sur scène, commence à parler. Ses paroles sont de miel, il apporte réconfort et espérance ; ses paroles font écho en nous.

    Le jeune conteur n’a jamais su raconter ainsi ; tous les mots qu’il entend résonnent en lui.

    Quand le vieil homme finit, silence… Il quitte l’estrade.

    Le temps que le jeune homme réagisse, il a déjà quitté la salle.

    Le jeune homme court après lui ; il doit comprendre, il doit apprendre.

    Et de toute la force de sa jeunesse, il court rattraper le vieil homme qui va de son pas lent.

    Mais le vieil homme lui échappe.

    Alors il le cherche et il commence à regarder les signes qui sont autour de lui.

    Les traces dans l’herbe, c’est facile.

    Les traces dans la forêt.

    Les traces dans la savane.

    Les traces sur la roche.

    Quand il est fatigué, il s’arrête, raconte une histoire aux gens qui viennent l’écouter et se nourrit d’un bol de riz.

    Un jour, il arrive dans une grande ville.

    Il descend la grande rue et là, tout au bout, juste en face de lui ; il y a une boutique avec une large vitrine éclairée et à l’intérieur, il aperçoit le vieil homme qui le regarde.

    Il lui sourit ; le vieil homme lui sourit.

    Il lui ouvre les bras et cours vers lui ; le vieil homme aussi.

    Arrivé devant la vitrine, il tend les bras pour enlacer le vieil homme.

    Le vieil homme fait de même et leurs mains se rencontrent.

    Mais ce n’était pas une vitrine, c’était un miroir et ce qu’il voyait était son reflet.

    Alors il se retourne, s’assoit et raconte des histoires. Ses paroles sont de miel, il apporte réconfort et espérance ; ses paroles font écho en nous.

     

     


    votre commentaire
  • Typologies d’activités en animation pédagogique
    Doc. Francis Huot, CPD IA 44 - formation de formateurs en EPS –

    Les activités heuristiques ou de découverte

    L’affirmation
    Les stagiaires sont répartis en groupes de travail. Une affirmation est remise à chacun des groupes. Trois questions sont posées.
    “Quoique fasse l’école, l’éducation des masses populaires lui échappe au profit des médias.”

    Êtes-vous d’accord ou non avec ce qui est mentionné ? Qu’est-ce qui fait consensus dans le groupe et qu’est-ce qui ne le fait pas ? Une synthèse est faite et présentée aux autres groupes.

    Le Métaplan ou taxonomie
    Une question est posée aux stagiaires, par exemple, pour travailler sur un concept comme la santé, la sécurité, ou la responsabilité, on pose la question suivante : la santé c’est quoi pour vous ? Dites-le par le biais de trois idées, mots, ou expressions que vous indiquerez sur les cartons qui vous ont été remis.

    Ensuite chaque participant affiche ses cartons en les rapprochant de ceux dont le sens est proche. Dans le  troisième temps, à partir d’échanges, les groupements de concepts sont réalisés.  Par exemple : santé mentale, santé physique, santé psychologique. Cette technique permet aux stagiaires de faire eux-mêmes des classes. Bien entendu des difficultés de classement vont surgir mettant en exergue les principes fondamentaux d’une taxonomie.

    Le brainstorming

    Le concept étudié est donné au travers d’une question plus ou moins ouverte : quelles capacités peut- on développer dans les activités artistiques ou qu’est-ce que l’autorité ?
    Chaque stagiaire est amené à répondre seul ou à plusieurs pendant un temps donné. Puis les idées sont exprimées oralement au formateur qui construit ainsi peu à peu la notion en la formalisant au tableau. Cet exercice peut rapidement devenir stérile si la question n’intéresse pas les stagiaires.

    Le Photolangage

    Plusieurs photos sont exposées et chaque stagiaire doit choisir 1 à 2 photos qui représentent le plus le concept choisi pour la formation. Ensuite, chaque personne s’exprime sur le choix de ces photos. L’animateur note au  tableau les expressions.  Un troisième temps d’échanges sur les éléments recueillis amorce une discussion collective sur les déterminants du concept.

    Les activités démonstratives ou de conceptualisation

    Le texte théorique
    Tous les stagiaires lisent un seul texte sur le concept choisi pour sa richesse sur le thème. Chaque stagiaire est amené à en faire une extraction de concept et une illustration. Consigne : lisez le texte, retenez en le concept qui vous semble le plus important et illustrez-le par une situation pédagogique. Le texte peut être donné sur papier (lecture individuelle) ou projeté sur écran. Si le texte est riche, chaque stagiaire ne va pas retenir le même concept que les autres. Normalement, il retient ce qu’il connait bien et ce sur quoi il peut donner un exemple. Les autres concepts moins bien maîtrisés vont être présentés par les illustrations des collègues. C’est un premier niveau de réponse à la question que chacune peut se poser. Cette activité peut aussi avoir sa place dans la partie applicative.

    L’Exposé

    Préparer l’exposé :
    Les questions pour préparer son exposé: A quoi sert mon exposé ? Objectif ?
    Comment l’exposé s’insère-t-il dans la formation ? Sur le contenu
    Quelle en est l’idée centrale et quelles sont les idées secondaires à faire retenir ? Sur les moyens
    Comment vais-je aider à mémoriser ? Quels sont les outils que je vais utiliser ? Combien de temps vais-je parler ?
    Sur les personnes
    Quel est leur rapport au sujet ?
    Quelles connaissances ont-ils sur le sujet ? Quelles réactions vais-je susciter ?
    Dans quel état je veux les laisser après l’exposé ?

    Le forum
    C’est une organisation participative qui permet à un groupe d’enseignants de mutualiser leurs efforts pour accéder à la connaissance de ressources pédagogiques diverses et variées qu’ils ne pourraient étudier seul dans le même temps. Un forum du livre peut se dérouler en trois phases : étude individuelle d’un livre, partage avec un premier groupe, échanges de groupes à groupes.

    L’action-formation
    Il s’agit de mettre les stagiaires dans une situation qui leur permet, au travers d’une expérience physique, par exemple en natation, de vivre des fondamentaux, théories à enseigner aux élèves. Par exemple, faire vivre les principes fondamentaux de la natation. Il s’agit soit de mieux faire comprendre par l’action des notions abstraites et/ou d’en démontrer l’aspect fondamental en les appliquant à différentes situations.


    Les activités applicatives

    La simulation
    La simulation est une reproduction artificielle de situation pédagogique (en théorie sur le papier ou en pratique) permettant aux formés de mieux comprendre comment faire avec leurs élèves. La mise en simulation pratique peut avoir l’avantage de faire ressentir aux enseignants les difficultés et/ou sentiments que les élèves vont vivre à condition de cibler la situation sur ce que l’on veut faire identifier.

    L’atelier de pratique
    Il permet aux enseignants de se mettre en pratique dans une discipline particulière afin de redécouvrir la matière sous un autre angle ou simplement pour consolider leurs connaissances sur celle-ci. Contrairement à la simulation, où chaque enseignant doit se mettre dans la peau de l’élève, l’atelier de pratique met en activité réelle les formés à leur niveau d’adulte.

    La table ronde ou « réunion-discussion »

    La table ronde est un échange thématique dirigé par un animateur (le formateur). Elle peut demander la participation « d’expert » ou de « témoins » qui vont donner une réelle plus value à cet échange. Il est, par exemple possible de faire participer un psychologue, un psychomotricien, un parent,… pour le thème des troubles du comportement. Mais elle peut tout simplement permettre aux membres du groupe de s’enrichir mutuellement.
    L’invité ou l’animateur peut donner un éclairage théorique mais ce n’est pas sa seule fonction. Il valide des représentations, aide à leur formulation, donne du crédit à des pratiques, peut aussi servir de candide ou bien simplement crée un contact avec le monde extérieur à l’enseignement afin que les participants puissent prendre de la distance sur leurs pratiques.
    Les échanges s’organisent à partir d’une question ou d’un fait relatif au thème. Ils nécessitent une préparation afin que les enseignants s’emparent du thème, de la problématique et qu’ils structurent leurs questions principales. Il leur faut, au préalable, définir leur propre projet de formation ou plus simplement ce qu’ils attendent de cet échange.
    Comme pour les autres techniques, la table ronde se termine par une synthèse et souvent un rapport.

    Le débat simulé ou jeu de rôles
    Le jeu de rôle a souvent un double objectif : utiliser des connaissances acquises dans la formation (application) et soumettre chacun aux pressions émotionnelles que la contradiction peut créer.
    Il fait vivre des situations pour lesquelles les solutions ne sont pas standardisées. Par exemple, une personne peut jouer le rôle de l’enseignant qui annonce aux parents les difficultés de leur fils. On peut imaginer, le rôle d’un enseignant, celui de son directeur qui assiste à l’entretien, les parents et même l’élève.

    La rencontre avec une personne ou structure ressource ou « visite éducative »
    La visite éducative est centrée sur la découverte d’un lieu et/ou personne ressource. Elle n’est véritablement productive que lorsqu’elle est précédée d’une phase d’information-problématisation et suivie d’un temps de formation-bilan.

    La production pédagogique
    Il s’agit de donner la possibilité de construire des outils pédagogiques simples ou complexes seul ou à plusieurs à l’aide de documents facilitateurs (fiches, tableaux, textes..). L’intérêt de ce type de travail est plus dans l’assimilation des concepts que dans la réelle production. Mais lorsque le temps de
    travail est suffisant, les productions peuvent devenir modèles ou exemples pour mutualisation.


    Les activités à la fois démonstrative et applicatives

    L’étude de cas ou incident critique

    L’étude de cas est aussi utile pour analyser ce qui se passe dans une séance que pour construire ou appliquer des connaissances méthodologiques. Plus que la pertinence de l’analyse, la rigueur de la démarche doit aboutir à l’acquisition, d’une compétence méthodologique sur l’analyse de pratique. L’incident critique présenté par Flanagan, en est une illustration.

    Le texte théorique illustré

    A partir d’un texte théorique, qui est donné à chacun ou projeté, commenter, puis illustrer par une situation professionnelle ce texte pour présentation au groupe. Chaque concept doit être assez bref. Son assimilation s’effectue lors des échanges qui donnent lieu à des questions-réponse. L’animateur doit maîtriser le concept pour guider les échanges et donner, si besoin, les pistes d’illustration. L’intérêt de cette technique est d’associer une référence théorique à une illustration venant des stagiaires.

    Le tour de table
    Chacun est invité à dire ce qu’il sait sur une question, un objet d’étude, et de cette collecte est effectuée une synthèse.

    Projection d’un film pédagogique
    Le film pédagogique peut donner à voir des pratiques innovantes. Il est démonstratif si ces pratiques sont modélisantes et applicatif si elles ne font qu’illustrer un concept.


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique