• Atelier "10 manières de..."

    Atelier "10 manières de dire c'est bien à vos élèves".

    Journées de l'innovation 2017 -

    - Présentation de l’atelier

    - Tour de table : qui est qui ? fonction ?

    => 26 personnes, un public varié : professeurs de collège, lycée, CPE , conseillère d’orientation, IEN, parent d’élève/auteur de blog (parent du 21è siècle), réalisatrice pour la France télévision, représentante du manifeste Heureux à l'école…

    - Comme Philippe Watrelot l’a signalé dans sa présentation du rapport du CNIRé, nous plaçons cet atelier sous le signe de la coopération, de la collaboration et de l’intelligence collective !

    Il est alors temps de réfléchir ensemble sur une première consigne « Comment dites-vous ou signifiez-vous à vos élèves que c’est bien ? » Une réponse par post-it et trois post-it distribués à chaque participant.

    Travail individuel –

    Puis chacun est venu poser au mur un post-it en le lisant au groupe.

    Au fur et à mesure du dépôt des post-it, des comparaisons, remarques émergent.

    Une fois que tout le monde a participé, émerge une discussion sur ce qui a été déposé. Comme on pouvait s’y attendre, plusieurs « notions/concepts/axes » sous jacents à cet atelier apparaissent : évaluation/auto-évaluation, différence oral/écrit, communication, place de l’affect, relation et bienveillance élève/enseignant, groupe/enseignant...

    En effet, le thème initial n’est que la surface de l’iceberg…La discussion collective laisse émerger beaucoup de choses et montre la complexité d’un sujet d’apparence « simpliste ».

    Il est alors proposé aux participants de se mettre en bi/trinômes et de réfléchir à la différence qu’ils font entre « encourager » et « complimenter ».

    Une mise en commun est faite.  Sur deux feuilles papier sont notées les points forts relevés par le groupe.

    Et on voit alors combien c’est complexe et parfois contradictoires dans les regards professionnels.

    Complimenter, c’est apporter une appréciative positive sur un fait, un travail accomplie, souvent sur la personne. Il y a généralement une part d’affect : je suis fier de toi, c’est bien,dire que le dessin est joli en maternelle, « tu es beau »,

    Mais celui-ci peut être enfermant, coller une étiquette, mettre une pression sur la prochaine fois…Et créer une dépendance : je travaille pour que la maîtresse me dise qu’elle est fière de moi (le smiley),...

    Le compliment ne s’appuie pas sur la motivation intrinsèque, peut créer une dépendance et peut donc être contreproductif.

    Par opposition, car cela s’oppose un peu, encourager, c’est s’attarder davantage sur le processus, l’action de l’élève, sur le fait de valoriser leurs efforts (dire « tu peux être fier des efforts que tu as produits » alors que « je suis fier de toi » relève du compliment !)

    Exemples :

    - j’aime le dessin que tu as fait car….

    - Remplacer le « tu es beau », « tu es gentil » par de la reconnaissance : « tu as travaillé en autonomie pendant le temps que je t’avais demandé, j’ai apprécié que tu n’interrompes pas mon travail… »

    Dans tous les cas, l’idée est d’axer davantage nos propos (oraux ou écrits !) sur plusieurs points de réflexions :

    - formuler des observations basées sur des faits et exposer ce que nous voyons sans jugement

    - Mettre des mots sur les sentiments en expliquant les choses

    ( « tu as poursuivi ton travail même quand c’était difficile », «  tu as l’air content d’avoir fait ça »)

    La discussion du groupe a montré combien il est difficile de penser la place et le rôle de l’affect dans tout ça.

    Je propose d’étayer cette réflexion par une mise en perspective au regard des connaissances en neurosciences affectives et sociales. Les neurosciences affectives et sociales (pas connues en France) concernent les émotions, les sentiments et les capacités relationnelles. M’appuyant sur les propos de Catherine Guéguen je propose plusieurs réflexions :

    - L’entourage de l’enfant, donc ses enseignants, a un impact très fort sur son développement intellectuel :

    * être empathique (comprendre et ressentir les émotions de l’enfant)

    * aider l’enfant à exprimer ses émotions (mettre des mots)

    Le stress fragilise, affaiblit la mémoire et perturbe l’apprentissage.

    Dire « tu es nul, tu es insupportable, arrête de pleurer, etc » à un enfant relève de la maltraitance verbable et a des conséquences importantes (diminiution du volume de l’hippocampe qui est au cœur de l’apprentissage !) mais dire aussi « tu es bon, tu es le meilleur… » posera problème.

    Importance d’une relation bienveillante, chaleureuse qui aide l’enfant à évoluer positivement en augmentant son sentiment de confiance…(secrétion d’ocytocyne).

    La compétitive, la comparaison, …génèrent du stress, et c’est délétère.

    Face à un élève qui montre un travail auquel il a manifestement échoué, plutôt que de dire « tu t’es trompé », on pourrait s’inscrire dans une démarche de communication non violente (CNV) et demander « j’ai un résultat différent du tien, tu peux m’expliquer comment tu as fait ? »).

    ð On procède alors au classement des post-it dans les catégories « encourager » ou « complimenter » et on discute !

    Puis l’atelier se finit sur des propositions de « manière de dire c’est bien à vos élèves ». 7 propositions sont faites :

    Atelier "10 manières de..."

     

    Nous profitons de l’expertise d’André Antibi arrivé en cours d’atelier. Il exprimera sa réflexion très intéressante sur le poids des mots et nous fera partager quelques anecdotes dans son parcours.

    Une synthèse finale sera faite autour des questions de bienveillance et de réflexions. La synthèse montre surtout qu’au-delà des propositions sur le papier ce qui a été intéressant c’est la réflexion sur le concept et la démarche qui va avec !

    En tant que formateur, ces ateliers sont toujours d’une grande richesse et d’un grand apport professionnel.

    Nous avons pu constater que la discussion du groupe a eu plusieurs incidences :

    - Elle a témoigné de l’intelligence professionnelle des personnes présentes, de leur volonté de s’interroger encore et toujours pour faire évoluer leurs pratiques professionnelles

    -Elle a témoigné de la volonté des enseignants de vouloir faire progresser leurs élèves.

    -Elle a bousculé des représentations professionnelles, voire peut-être des professionnalités.  

     

    Sources et réflexions :

    -François Muller article intitulé « D’une évaluation "DES" à une évaluation "POUR" », paru dans Animation & Education (n° 240, mai-juin 2014) 

    -Conférence(s) de Catherine Gueguen Peut-on repenser l'éducation à la lumière des recherches récentes en neurosciences affectives ? (Conférence) ici : 

    http://www.crdp-lyon.fr/podcast/conference-peut-on-repenser-l-education-a-la-lumiere-des-recherches-recentes-en-neurosciences-affectives-conference

    - Site « apprendre à éduquer »

    A voir suite à l’atelier :

    Le site parents du 21è siècle

    Atelier "10 manières de..."

    https://parents-du-21-eme-siecle.fr/

    Le manifeste heureux à l'école :

    Atelier "10 manières de..."

    http://www.lemanifesteheureuxalecole.fr/

    L'association Oze coaching, premier site ressources des familles et des parents bienveillants:

    Atelier "10 manières de..."

    http://www.oze-coaching.fr/


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